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Interview de Grand Maître DJOME BATHU DAN MABEKA alias Me "Carre" par Maître Djo LEMA

Maître Djo LEMA - Qu'est ce qui vous a donné l'envie de pratiquer les arts martiaux ?

 

Grand Maître DBDM - J'ai commencé les arts martiaux à l'âge de 16 ans, à cette époque il y avait beaucoup de personnes qui faisaient régner la violence dans la rue. Il suffisait que l'un de mes frères se fasse frapper pour que mon père me dise d'aller me défendre et de ne pas revenir si je ne m’étais pas battu. Ensuite j'ai appris le Karaté, le Self Défense et la Boxe.

 

Maître Djo LEMA - D'ou vous ait venu l'idée de créer le Mukumbusu ?

 

Grand Maître DBDM - Vu qu'a cette époque tout le monde pratiquer au moins un art martial ou un sport de combat, lorsqu'une bagarre éclatait, je me suis aperçus que chacun des deux adversaires étaient limités dans leur façon de combattre, a cause du style qu'il pratiqué. Par exemple, il arrivait qu'un boxeur se faisait surprendre par les attaques de pieds d'un karatéka ou qu'un judoka se faisait surprendre par les attaque de poings d'un boxeur.

Après l’apprentissage reçu dans les différents arts martiaux, les batailles menées dans les rue de Kinshasa et mon analyse sur les bagarres quotidiennes. J'ai commencé à développer mes propres techniques spécialement adapté au combat de rue.  L’idée est née au bord de la rivière N'Djili, la ou les entraînements et combats se faisaient dans l'eau.

 

Maître Djo LEMA - Pourquoi avez-vous créé le Mukumbusu ?

 

Grand Maître DBDM - J'ai créé Mukumbusu dans le but de pouvoir se défendre, peux importe l'endroit, l'adversaire et l'arme. Le but étant d'avoir un style très dangereux et non compétitif ou les combats n'étaient pas réglementés donc "Que le meilleur gagne". Un style créé "par des combattant de rue", pour se défendre dans la rue, avec un état d'esprit de rue et des techniques spécialement conçu pour la rue. J’ai mis tout mon savoir en pratique créant nos propres techniques de combats, tout le monde peut importe le grade pouvait donner son idée car le Mukumbusu demande aussi une grande ouverture d'esprit et même le plus petit des grades peut trouver la plus simple et efficace des techniques.

 

Maître Djo LEMA - En quelle année avez-vous créé le Mukumbusu ?

 

Grand Maître DBDM - C'est vers le début des années 1970 que le Mukumbusu a été créé.

 

Maître Djo LEMA - Pourquoi avez-vous choisi le nom " Mukumbusu " ?

 

Grand Maître DBDM - A la base le nom était Mokomboso en Linguala puis au fil du temps c'est transformé en Mukumbusu en Kikongo, Mukumbusu a pour signification « Gorille». J'ai choisi ce nom car à chaque entraînement on prenait l'esprit du Mukumbusu (NIAMA N'ETUMBA), le mélange de l'homme et de l'animal sauvage. Un Mukumbusu est un combattant mi-homme mi-animal sauvage, il peut être très calme mais quant il le faut, il peut devenir très dangereux. De plus, le Gorille est un animal emblématique qui se trouve qu'en Afrique est plus précisément au Congo RDC. Lors de nos combat, n'importe quel objet se trouvant sur mon passage je peux le ramasser et me défendre avec car lorsque qu'un gorille se bat il ramasse tout ce qu'il voit pour vous le balancer et venir se battre, ce qui est unique a cet animal.

 

Maître Djo LEMA - Comment se passaient les entraînements Mukumbusu ?

 

Grand Maître DBDM - Les grades se faisaient par ordre de ceinture commençant par la blanche, jaune, orange, verte, bleu, marron et noir. J'ai supprimé les Dans pour favoriser les rapports entre les petits et grands grades et éviter la concurrence entre les grades supérieurs et il ne fallait pas trop se fier aux ceintures. Quelques fois vous pouviez voir des ceintures marrons combattre avec des ceintures jaunes et c'était dure car en réalité ce n'était pas une vrai ceinture jaune, tout ça pour vous dire qu'il faut toujours ce méfier des apparences ce n'est pas parce que vous étiez en face d'un grade inférieur que vous alliez le sous estimer. Les entraînements Mukumbusu étaient comparables a l’armée donc une telle discipline que vous pouviez rigoler mais dés que vous mettiez vos pieds sur la zone d'entraînement "Fini la rigolade!!". Esprit sauvage et lors de combats, il ne fallait pas que votre coup s'arrête a dix centimètre de votre adversaire, "Il faut toucher pour détruire" ou tu détruis ou on te détruit. Pour montrer que vous feriez tout pour vous défendre, donc la devise était vaincre ou mourir.

 

Maître Djo LEMA - Comment se passaient les passages de grade Mukumbusu ?

 

Grand Maître DBDM - Franchement, il y avait du sang qui coulais, des blessures, des fractures et la sauvagerie était démontré a 100% devant un public constitué de plusieurs experts en arts martiaux et d'habitants. Et c'était le public qui décidait si oui ou non vous étiez apte à obtenir votre grade supérieur. Quelques fois ils y en avaient qui passaient leur 1ère mi-temps et a la deuxième s'enfuyait. Dans ce cas, les élèves présents avec la population allaient vous chercher, jusqu'a chez vous si il le fallait pour vous ramener au passage de grade, si vous ne réussissiez pas ont vous faisaient repasser vos épreuves après plusieurs mois. Pour réussir il fallait passer les épreuves de Boxe, Karaté, Judo, Self défense... . Démontrer a quel point vous étiez sauvage dans vos combats contre une ou plusieurs personnes, si vous voyiez que votre combat devenait difficile et que vous aperceviez une brique ou un bâton, vous pouviez le ramasser et frapper votre adversaire avec, briser des membres, arracher l'oreille, piquer aux yeux, combattre debout, en corps a corps et au sol, toutes techniques imaginables. Donc c'était comment se défendre en mettant en pratique les "Techniques de combats sauvages Mukumbusu ".

 

Maître Djo LEMA - Pensiez-vous que le Mukumbusu allait prendre une telle ampleur ?

 

Grand Maître DBDM - Je ne m'attendais pas a une telle ampleur, lors de mon voyage a Kinshasa en 2000, j'ai été accueillis par des centaines d’élèves et de ceintures noirs. A savoir qu’il y en a éparpillés dans plusieurs pays d'Afrique et d'Europe se fut une grande surprise pour moi.

 

Maître Djo LEMA - Quel message souhaitez-vous passer a toutes ces générations de Mukumbusu qui jusqu'a aujourd'hui pratiquent l'œuvre que vous avez créé ?

 

Grand Maître DBDM - J'aimerais leur dire de continuer, d'aller le plus loin possible n'oubliant pas que lorsque vous parler de Mukumbusu, il faut toujours citer le nom de Grand Maître CARRE maître suprême et créateur du Mukumbusu. Chaque chose a son créateur et en honorant votre fondateur vous honorer le Mukmubusu et en sois vous même. Même si je l'ai créé c'est vous qui aller continuer, il y aura des élèves qui eux mêmes enseigneront a leurs tours jusqu'a ce qu’on atteindra cent ans, mille ans voir des siècles. Rester souder et unis, beaucoup de courage comme ici en Europe, en République Démocratique du Congo, en Angola partout en Afrique, au Canada et dans le reste du monde ou les Mukumbusu s'entraînent et font connaître cet art typiquement Africain originaire de la République Démocratique du Congo. Que le Mukumbusu aille tres loin et même si je ne suis plus la, ça me feras vraiment plaisir d'ou je serais de savoir que ce que j'ai créé soit devenue une chose immense.

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